L’aménagement de banquettes consiste à construire des bancs de sédiments végétalisés à même le chenal du cours d’eau, de façon à rétrécir sa section d’écoulement. Cette technique de restauration permet d’améliorer le transit sédimentaire d’un cours d’eau et sa qualité en tant qu’habitat.
Les banquettes sont des accumulations sédimentaires qui se développent parfois le long des cours d’eau. Elles sont densément végétalisées et composent la plaine alluviale inondable. Dans le cas de cours d’eau creusés et surcalibrés, il peut être opportun d’aménager artificiellement ces banquettes, que ce soit comme alternative à l’entretien de cours d’eau agricoles (voir fiche « ’cours d’eau à deux niveaux »’) ou encore dans le cadre d’un projet de restauration écologique.
Les principaux avantages sont :
Cette technique peut être utilisée en contexte agricole, où elle améliore le drainage et réduit la nécessité de répéter les entretiens, mais également dans des contextes de restauration purement écologique. C’est le deuxième cas de figure qui est représenté à la figure 1.

Les dimensions du chenal d’écoulement (espace entre les banquettes) peuvent être définies à partir de cours d’eau de référence, présentant des dimensions naturellement ajustées à leur environnement. Des équations de géométrie hydraulique régionale peuvent être utilisées pour faciliter cette tâche (voir Leduc et Roy, 1990 ; Paradis et Biron, 2017 ; Boulet et collab., 2023).
Pour un matériel minéral, des mélanges naturels (non tamisés) de sable, cailloux et blocs sont à privilégier. La composition exacte doit être définie en fonction du choix entre un chenal d’écoulement alluvial (mobile) ou statique. Des techniques alternatives, encore inédites au Québec, n’utilise que du matériel végétal ou intègre des phytotechnologies dans la conception.
Puisque la géométrie du cours d’eau est affectée, des plans et devis d’ingénieur sont nécessaires. Si des enjeux d’inondations sont présents, une modélisation hydraulique pourrait s’avérer essentielle afin de préciser l’aménagement.

Dans un contexte de restauration écologique, il est souhaitable d’intervenir le moins possible durant les années suivantes, afin de laisser au cours d’eau la possibilité de s’ajuster par lui-même.
Dans un contexte agricole, il faut vérifier l’envasement du lit et l’érosion des banquettes les premières années. Si ces processus sont significatifs, il peut s’avérer nécessaire de corriger l’aménagement.
Dans le cas d’un cours d’eau mobile, les banquettes peuvent se maintenir indéfiniment, si les sédiments sont renouvelés par charge de fond. Dans le cas d’un cours d’eau statique, la longévité dépendra de la résistance des matériaux utilisés et des forces hydrauliques qui y seront appliquées
Félix Riopel et Sylvio Demers

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