Guide sur la restauration des cours d’eau

Méthodes alternatives à l'entretien des cours d’eau au Québec

Restauration

Selon le MELCCFP, le terme restauration écologique désigne une approche globale qui consiste à entreprendre des travaux pour amorcer ou accélérer le rétablissement actif ou passif de l’intégrité écologique d’un écosystème dégradé ou détruit.  L’objectif est de rétablir des conditions biotiques et abiotiques du type d’écosystème qui existait ou qui est dégradé à un endroit donné. Les actions peuvent inclure à la fois le retour à l’état naturel de l’écosystème altéré, en considérant les composantes chimiques, physiques et biologiques, ainsi que l’amélioration ou la bonification des fonctions écologiques (MELCC, 2021).

D’un point de vue hydrique, le terme restauration désigne une ou des interventions dans un corridor fluvial qui initie ou accélère la régénération d’un écosystème dégradé, à travers la récupération de fonctions écosystémiques altérées ou perdues, ou le développement de nouvelles fonctions écosystémiques. Le milieu hydrique restauré doit être compatible avec le régime hydro-sédimentaire et la continuité écologique propres au contexte donné (Rivières).

Plusieurs termes connexes adressent des facettes spécifiques de la restauration, soit en termes d’objectifs ou d’éléments déclencheurs des actions posées. Tous ces termes connexes ne sont pas pour autant considérés comme des actions de restauration :

  • La régénération spontanée consiste au rétablissement autonome (sans intervention) du cours d’eau. C’est une alternative à la restauration qui présuppose un certain niveau d’interventions par l’homme, contrairement à la régénération spontanée.
  • La mitigation écologique fait référence à toute action visant la réduction de l’amplitude des effets créés ou amplifiés par des processus anthropiques et qui sont néfastes pour l’écosystème. Des actions de mitigation peuvent être associés à des mesures de restauration à condition qu’elle n’implique pas l’usage d’infrastructures artificielles.

Ne sont pas considérées comme de la restauration:

  • Les mesures d’entretiens de cours d’eau et de stabilisation des berges ne sont pas des actions de restauration puisqu’elles visent à conserver les cours d’eau dans un état artificiel pour préserver un usage anthropique.
  • Les actions de mise en valeur, tel que l’installation d’aménagement fauniques ne sont pas considérés comme de la restauration puisqu’elles ne visent pas la régénération du fonctionnement naturel du cours d’eau.
  • La remise en état (interventions visant à ramener un milieu hydrique à son état antérieur à des travaux récents) ou les mesures d’atténuation lors de travaux ne sont pas considérées comme de la restauration. En effet, la restauration fait référence à des écosystèmes dégradés historiquement. 
  • La réhabilitation fait plutôt référence à la remise en état d’un site dégradé ou contaminé dans un état acceptable et sécuritaire qui comporte des caractéristiques naturelles minimales, sans égard à l’écosystème original en état de sites contaminés. La réhabilitation permet de stabiliser les sols, d’améliorer certaines fonctions écologiques et d’assurer la sécurité ainsi que l’aspect naturel d’un site donné (MELCC, 2021a). C’est un mode d’intervention permettant de gérer les impacts et les risques qui sont associés à un terrain contaminé (MERN, 2017). La réhabilitation permet de stabiliser les sols, d’améliorer certaines fonctions écologiques et d’assurer la sécurité ainsi que l’aspect naturel d’un site donné (MELCC, 2021a). C’est un mode d’intervention permettant de gérer les impacts et les risques qui sont associés à un terrain contaminé (MERN, 2017).
Aggradation

Accumulation de sédiments entraînant une augmentation de l’élévation dans le lit du cours d’eau et ses environs

Alluvial

Cet adjectif signifie « constitué d’alluvions », soit le substrat transporté et déposé par un cours d’eau. À l’échelle d’un tronçon de cours d’eau, le terme alluvial signifie qu’il s’écoule et évolue entièrement sur des alluvions.

Berge concave

Berge extérieure d’un méandre, où à l’état naturel le processus dominant est l’érosion.

Berge convexe

Berge intérieure d’un méandre, où à l’état naturel le processus dominant est la sédimentation.

Composition granulométrique

Abondance relative des différentes classes de taille des particules sédimentaires.

Cône alluvial

Plaine formée de dépôts alluvionnaires transportés par les eaux courantes

Confiné

Décrit un cours d’eau qui est contraint par des éléments naturels ou artificiels qui limitent son espace de divagation latérale.

Connectivité

Degré auquel les différents éléments d’un écosystème fluvial (chenal, plaine inondable, zones humides) sont reliés et échangent de la matière, de l’énergie et des organismes.

Capacité du cours d’eau à déborder suffisamment fréquemment hors de son chenal vers sa plaine inondable.

Connectivité hydrologique (longitudinale, latérale et verticale)

La connectivité hydrologique désigne les échanges d’eau, de sédiments, de nutriments et d’organismes entre un cours d’eau et les milieux qui l’entourent. Elle est essentielle au bon fonctionnement des écosystèmes fluviaux. On distingue trois formes principales de connectivité :

  • Connectivité longitudinale : les échanges qui s’effectuent le long du cours d’eau, de l’amont vers l’aval. Elle permet le déplacement des débits d’eau, des sédiments, ainsi que la migration des organismes aquatiques.
  • Connectivité latérale : les échanges entre le cours d’eau et ses plaines inondables ou zones riveraines. Elle est cruciale pour les crues naturelles, le dépôt de sédiments, l’alimentation des zones humides et le déplacement de certaines espèces.
  • Connectivité verticale : les échanges d’eau et de nutriments entre le cours d’eau et la nappe phréatique ou le sol sous-jacent. Elle influence la recharge des aquifères et la qualité de l’habitat pour la faune benthique.
Contrainte de cisaillement

Force exercée par l’eau en mouvement sur le lit et les berges d’un cours d’eau, qui peut entraîner l’érosion lorsqu’un seuil critique est dépassé.

Corridor fluvial

Espace comprenant le cours d’eau lui-même, sa plaine inondable et les zones riveraines. Il assure la connectivité écologique et hydrologique du cours d’eau.

Dénitrification

Processus biologique par lequel les nitrates (formes d’azote) sont transformés en azote gazeux, réduisant ainsi la pollution de l’eau.

Espèce à statut

Désigne les espèces floristiques et fauniques dont la survie des individus ou de la population est jugée plus ou moins précaire aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP) et de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMVS).

Espèce exotique envahissante

Végétal, animaux ou micro-organisme (virus, bactérie, champignon) introduit hors de son aire de répartition naturelle et dont son établissement et sa propagation constituent une menace pour l’environnement, l’économie et la société.

Hydrogéomorphologie

Science qui étudie la complexité des formes, des processus et des rétroactions des cours d’eau selon une gamme d’échelles allant des sections transversales du chenal au bassin versant (Newton et Sear, 1998).

Hydrosédimentaire

Relatif à l’eau et aux sédiments ainsi que leurs interactions (transport, dépôt, érosion) dans un cours d’eau.

Incision

Processus d’érosion verticale par lequel un cours d’eau creuse son lit. L’incision est intimement liée à la régression de fond, mais peut se manifester dans d’autres contextes.

Abaissement du niveau du lit contribuant à la déconnection du cours d’eau par rapport à sa plaine inondable.

Non-confiné

Décrit un cours d’eau qui a la liberté de se déplacer et d’interagir avec sa plaine alluviale de manière naturelle. Il n’est pas contraint par des obstacles artificiels (digues, murs, etc.) ou par des contraintes naturelles trop fortes (vallées très étroites).

Pavage

Augmentation de la taille des particules à la surface du lit du cours d’eau.

Pente d’équilibre

Pente du cours d’eau permettant un bilan sédimentaire localement nul, i.e. les volumes sédimentaires apportés de l’amont et transportés vers l’aval sont égaux.

Plaine alluviale

Plaine formée de dépôts alluvionnaires transportés par les eaux courantes

Plaine inondable

Zone plane adjacente à un cours d’eau, qui est inondée à l’état naturel lors des crues. Elle joue un rôle important dans la régulation des crues et abrite souvent une biodiversité riche.

Plante hygrophile

Plante qui nécessite des apports en eaux importants et qui vit généralement dans les milieux lacustres, palustre ou humide.

Puissance spécifique

Énergie disponible par unité de surface (W/m2) du lit d’un cours d’eau, qui est liée à sa capacité à transporter des sédiments et à éroder.

 

Régression de fond

Front d’érosion verticale, progressant de l’aval vers l’amont. Les tronçons affectés par la régression de fond subissent de l’incision.

Réponse morphologique

Ajustement de la configuration d’un cours d’eau en réponse à une perturbation (par exemple, une modification hydrologique, une introduction de sédiments, une intervention humaine).

Reproduction végétative

Mode de reproduction asexuée qui permet à un nouvel individu de se développer à partir d’un fragment d’une plante parentale, conservant ainsi le même patrimoine génétique, sans l’intervention de graine ou de pollen

Reprofilage

Dans le contexte de l’aménagement de cours d’eau, le reprofilage désigne une redéfinition de la topographie transversale du corridor fluvial. Pour la présente fiche technique, cette redéfinition se traduit par des déblais visant à restaurer une capacité de débordement pour un cours d’eau fortement altéré par des processus d’incision et d’élargissement – on parle alors de reprofilage basé sur les processus.

Seuil critique d’érosion

Valeur de la contrainte de cisaillement ou de la puissance spécifique au-delà de laquelle l’érosion des sédiments devient significative.

À venir

  • Aggradation
  • Delta alluvial
  • Puissance spécifique
  • Trajectoire